RĂ©veil le matin trĂšs tĂŽt, le matin du premier jour. Je suis vraiment trĂšs fatiguĂ©, mais je n’ai pas vraiment l’envie de dormir. Et il y a tant de choses Ă  faire!! Un peu stressĂ© aussi: chaque nuit ici Ă  l’hĂŽtel nous coĂ»te un peu plus de 100€. On n’est donc pas ici en touristes. Il faut trouver un appart au plus vite et je sais dĂ©jĂ  que ça va ĂȘtre une belle galĂšre…

💬 Petit dĂ©jeuner australien Ă  l’hĂŽtel Mercure.

Oublions ce problĂšme un instant et prenons notre premier petit dĂ©jeuner sur le territoire australien. Pas de croissants, ni pains au chocolat, ici. Au mieux, du pain chimique, comme en Angleterre, plus ou moins immangeable s’il n’est pas grillĂ©. En fait, on s’y attendait, on a dĂ©jĂ  subi ça Ă  Birmingham et l’annĂ©e passĂ©e Ă  Sydney. Il faudra juste changer nos habitudes et arrĂȘter de penser manger comme en Belgique. J’aime encore bien le bacon grillĂ© et les haricots en sauce avec les oeufs brouillĂ©s, donc finalement ça va. Ils proposent aussi des fruits pas trop mauvais et du Nutri Grain. Ce sont des cĂ©rĂ©ales Kellogg’s qui sont assez bonnes et que je n’ai jamais vues en Belgique.

Je teste aussi directement la Vegemite dont on parle beaucoup sur le web et dans les guides touristiques (le petit rĂ©cipient jaune sur ma tranche de pain, sur la photo ci-dessus). C’est une pĂąte Ă  tartiner trĂšs salĂ©e, faite Ă  base de levure de biĂšre…. Les Australiens en raffolent et j’ai cru naĂŻvement que j’allais arriver Ă  avaler ça le matin du premier jour. J’ai tout de mĂȘme rĂ©ussi Ă  mordre 2x dans la tartine mais le deuxiĂšme essai a eu raison de ma pulsion d’aventurier. Je croyais que j’Ă©tais capable de tout manger… et bien non, ce sera “tout sauf la Vegemite” Ă  partir de maintenant… Je n’ai jamais lĂ©chĂ© un paillasson sale mais ça doit avoir plus ou moins le mĂȘme goĂ»t.

AprĂšs ce repas, la premiĂšre chose Ă  faire est donc de trouver un logement. Pour cela, il faut, d’une part, pouvoir tĂ©lĂ©phoner aux agences et donc avoir une carte SIM australienne et, d’autre part, avoir un compte bancaire australien au plus vite pour pouvoir sortir une grosse quantitĂ© d’argent pour la caution de l’appart et le premier loyer. Pour la banque, j’avais lu sur le web qu’il est souvent demandĂ© d’avoir une adresse en Australie… C’est donc le serpent qui se mord la queue. En Belgique, je m’y Ă©tais prĂ©parĂ© et j’avais repĂ©rĂ© une agence bancaire situĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de l’universitĂ© oĂč on va travailler. Elle devrait pouvoir se satisfaire de nos invitations officielles et nous “domicilier” dans nos futurs bureaux.

Pour la carte SIM, j’avais Ă©tĂ© conseillĂ© avant le dĂ©part par Sue, l’amie de Raquel. Il y a “Telstra” (cher mais trĂšs bonne couverture), “Optus” et “Vodafone” (moins chers, mais couverture moins bonne). Vu qu’on ne compte pas quitter la ville dans un futur proche, on Ă©limine directement Telstra. En cherchant dans les boutiques Vodafone et Optus Ă  proximitĂ© de l’hĂŽtel, je me rends compte rapidement que toutes les offres prĂ©payĂ©es sont quand mĂȘme extrĂȘmement chĂšres par rapport Ă  ce qu’on peut trouver en Belgique. Le gros problĂšme, c’est qu’elles sont toutes limitĂ©es dans le temps. Il n’est donc pas possible d’acheter une carte Ă  5$ et de garder son crĂ©dit 8 mois en rechargeant uniquement quand on en a besoin. Le crĂ©dit minimum est assez Ă©levĂ© (gĂ©nĂ©ralement 30$) et il est gĂ©nĂ©ralement valable 30 jours (la seule offre Ă  10$ que j’ai trouvĂ©e donnait droit Ă  une seule semaine de crĂ©dit!). Heureusement, en passant au Woolworths du coin, je repĂšre une promo assez intĂ©ressante: recharge de 30$ pour 500$ d’appel valables 45 jours et en prime…. 5Go d’internet! Au moins, si on ne tĂ©lĂ©phone pas beaucoup, on utilisera tout de mĂȘme l’accĂšs internet proposĂ© et on n’aura pas l’impression de payer pour rien. Ça m’Ă©vite aussi de chercher des hotspots wifi gratuits (on l’a fait les deux premiers jours - c’est gratuit, mais on comprend vite pourquoi…).

En fait, ici en Australie, la plupart des gens ont un smartphone avec un accĂšs internet 3G. Dans les trains et le bus, un passager sur deux a donc les yeux braquĂ©s sur son tĂ©lĂ©phone en permanence (les autres tĂ©lĂ©phonent!). Ils ont une “avance technologique” sur nous Ă  ce niveau lĂ . En Belgique, pour 30$/25€ je ne sais pas ce qu’on a en termes de communications 3G mais ça ne doit pas ĂȘtre grand chose. Pour moi, le problĂšme, c’est qu’avec cet abonnement de 5Go, je vais trĂšs vite m’habituer Ă  avoir mon GMail, mon agenda, facebook et un GPS dans la poche. De retour en Belgique, il faudra certainement s’en passer… Certainement la mĂȘme sensation que d’arrĂȘter WoW: satisfait mais un peu en manque tout de mĂȘme!

Le problĂšme du tĂ©lĂ©phone est donc rĂ©solu, du moins pour les 45 prochains jours. J’ai mĂȘme rĂ©solu le problĂšme “internet” qui Ă©tait cachĂ© beaucoup plus loin dans ma liste de tĂąches.

Étape suivante: “entrer en contact avec l’universitĂ©” et, en particulier, avec le prof qui m’invite. Je pourrais envoyer un SMS ou un mail mais je me dis qu’il y a une chance sur deux qu’il ne me rĂ©ponde pas, ou que j’attende 2 jours (Ă  100€) avant d’avoir sa rĂ©ponse. L’idĂ©e de tĂ©lĂ©phoner dans le bruit Ă  un inconnu “native speaker” ne m’enchante pas trop. Je ne l’ai presque jamais fait et ça me semble ĂȘtre un peu comme le jeu de la roulette russe: soit la personne au bout du fil a un accent du type “Queen’s English” et c’est gagnĂ©, soit il parle comme Crocodile Dundee et c’est foutu!…

Bref… onze heures le matin… Ă  Federation Square en face de la gare (initialement pour son wifi gratuit). Je trouve un endroit calme et je me lance, armĂ© de mon gsm et sa nouvelle SIM… “Hello, this is Romain, your visitor from Belgium…” … … Ouf! Je comprends ce qu’il dit! Il a l’air de me comprendre aussi. La balle de la roulette russe n’est pas partie et je suis toujours vivant! Le professeur me fixe un premier rendez-vous en ville le lendemain Ă  14.00 “pour un cafĂ©” (aĂŻe, ça veut dire quoi?). Je tĂ©lĂ©phone aussi Ă  Sue pour dire que nous sommes bien arrivĂ©s. Je tombe sur le rĂ©pondeur de Sue et j’espĂšre qu’elle nous recontactera.

AprĂšs ces deux coups de fil, je me sens en pleine forme! Les choses avancent! Je vais enfin pouvoir profiter du reste de la journĂ©e avec le sentiment d’avoir progressĂ© un peu. On visite alors les alentours (le Queen Victoria Market), je rĂ©cupĂšre aussi quelques cartes de la ville Ă  l’office du tourisme et on se repose un peu…

Le lendemain, aprĂšs l’achat du forfait mobile au Woolworths, je rencontre mon professeur et son amie. Ils nous invitent Ă  manger un bout dans une petite rue, prĂšs de Flinders Station. On avait malheureusement dĂ©jĂ  mangĂ© vu qu’on pensait qu’il s’agissait d’un simple cafĂ©. Pas grave… Je prends une biĂšre et, un peu surpris, ils m’accompagnent. Ça ne doit pas ĂȘtre courant de boire de l’alcool au milieu de la journĂ©e ici.

PremiĂšre impression: ils sont vraiment trĂšs trĂšs sympas et semblent ravis de nous rencontrer. On parle tout d’abord de nos deux projets de travail Ă  Monash pour les huit prochains mois. Je vais encadrer des PhD students dans leur travail quotidien et il serait peut-ĂȘtre mĂȘme envisageable que je donne un “tutorial” sur Abaqus. C’est parfait; je n’aurais pas rĂȘvĂ© mieux. Je suis trĂšs Ă  l’aise lĂ  dedans et ça me permettra de me concentrer sur mon anglais en interagissant avec des Ă©tudiants. Le professeur me dit qu’il est actuellement incapable de se payer une personne comme moi vu mon salaire (du moins, vu le salaire que j’aurais ici si je travaillais Ă  Monash - c’est diffĂ©rent) et que ma visite est donc trĂšs profitable pour lui. Ça me rassure beaucoup puisque j’avais tout de mĂȘme l’impression jusque lĂ  de m’ĂȘtre un peu “imposĂ©” comme visiteur dans son labo. Sa compagne est Ă©galement trĂšs gentille. Elle est prof de littĂ©rature dans une Ă©cole secondaire Ă  Melbourne. Ils nous conseillent pour la recherche d’un appart et nous disent de prendre le temps pour trouver quelque chose de bien loin de l’universitĂ©! Ils proposent Ă©galement de nous voir lorsque nous seront installĂ©s.

J’ai tout de mĂȘme du mal Ă  me relaxer. Rien que penser au futur appart me met dans un Ă©tat d’angoisse pas possible parce que je m’imagine trĂšs bien la complexitĂ© de la recherche qui nous attend dans les prochains jours… J’ai donc du mal Ă  me projeter au delĂ  de cette recherche. Je me dis que c’est une grosse Ă©preuve Ă  passer, un peu comme un examen. Si on la loupe, on va se retrouver dans un truc tout pourri pendant 8 mois. L’enjeu est donc de taille…