C’est pas tout de chercher un logement et de s’amuser Ă  dĂ©penser nos sous dans les grands magasins (cf. billet prĂ©cĂ©dent), on est ici avant tout pour travailler!

Jamais je n’aurais imaginĂ© qu’il nous faudrait autant de temps pour trouver un logement et nous installer. Et heureusement qu’on ne reste pas qu’un seul mois ici: il aurait fallu prĂ©parer notre dĂ©part dĂšs maintenant! J’ai d’ailleurs dĂ©jĂ  bien rempli mon agenda du prochain mois de septembre avec tout ce qui ne faut pas oublier de faire: rĂ©silier tous les contrats (gaz, eau, Ă©lectricitĂ©), terminer proprement le bail, envoyer l’Ă©ventuel excĂ©dent de bagage en Belgique par poste, rappeler Ă  mon assureur belge de me renvoyer ma carte verte, chercher un hĂŽtel pour les derniers jours en Australie… Ça va pas ĂȘtre triste… Je redoute Ă©galement les jours, ou plutĂŽt les semaines, qu’il va me falloir, une fois rentrĂ© en Belgique, pour rĂ©diger les notes de dĂ©bours. J’ai dĂ©jĂ  environ 70 souches pour ces trois premiĂšres semaines!

Bon… n’y pensons plus et projetons-nous dans le passĂ©, il y a une semaine, c’est-Ă -dire le week-end passĂ©, moment oĂč d’ailleurs j’ai dĂ©cidĂ© de dĂ©marrer ce blog.

Une des raisons qui m’a poussĂ© Ă  Ă©crire ce texte et que je n’ai pas mentionnĂ©e dans mon premier billet, c’est que j’Ă©tais complĂštement coincĂ© au niveau du dos. Mais alors complĂštement. Ça ne m’Ă©tait jamais arrivĂ© Ă  ce point. Impossible par exemple de me pencher vers l’avant. TrĂšs difficile de lacer mes chaussures… un vrai handicapĂ©!… et aucune idĂ©e de la cause. Est-ce dĂ» au dĂ©mĂ©nagement? J’ai pourtant l’habitude de faire du sport et je n’ai pas l’impression d’avoir fait des efforts physiques extraordinaires par rapport aux jours prĂ©cĂ©dant le dĂ©part oĂč je courais plus de 40km par semaine. Peut-ĂȘtre le stress? C’est vrai qu’au niveau stress, on a Ă©tĂ© bien gĂątĂ©; mais ça aussi j’ai l’habitude. Bref, grĂące Ă  ce problĂšme de santĂ©, j’ai passĂ© toute la journĂ©e du samedi et le dimanche matin Ă  Ă©crire les premiers billets. Samedi soir, papa m’a dĂ©crit par Skype un exercice de kinĂ© miraculeux pour me dĂ©coincer et, aprĂšs deux jours, c’Ă©tait fini.

💬 On en a rĂȘvĂ© pendant 1 an… Maintenant on y est!

Nous voici donc le lundi matin, tout frais (l’eau chaude fonctionne!), tout beaux (j’ai mĂȘme mis une chemise et un pantalon pour faire un peu moins touriste) mais pas encore trĂšs conscients de la semaine chargĂ©e que nous avons devant nous. Premier choc: les transports. C’est bien beau de vouloir habiter prĂšs de la ville, il faut maintenant prendre les transports en commun pour aller travailler et on n’a vraiment pas l’habitude… Un fois sorti de la maison Ă  8:15, on court derriĂšre le tram qui nous emmĂšnera Ă  la gare de South Yarra. ArrivĂ©, on observe, impuissant, notre train partir sous nos yeux alors que nous sommes toujours dans la file des nombreux navetteurs qui tentent d’entrer dans le bĂątiment en se bousculant. Il faut attendre le train suivant… qui est en retard… Il est dĂ©jĂ  8:45 et nous avons parcouru un peu moins d’un kilomĂštre depuis notre appart quand nous montons dans le train en direction de la banlieue de Melbourne. Le trajet dure environ 20min. On en profite pour regarder nos e-mails sur nos GSM et poster quelques commentaires sur facebook. Une fois Ă  Huntingdale, un bus nous attend pour nous amener Ă  Monash. Il est environ 9:15 quand on arrive au bureau.

C’est tard me direz-vous? Mais pas du tout! Les journĂ©es de travail sont courtes ici. La plupart des gens arrivent bien aprĂšs moi et quittent Ă  16:30 avec un bon gros temps de midi entre les deux. A 18:00 quand nous partons, tout est fermĂ©, dĂ©sert, et il est mĂȘme impossible de rentrer Ă  nouveau dans le bĂątiment une fois sorti! L’avantage, c’est qu’il n’y a personne dans les transports lorsqu’on rentre Ă  la maison.

💬 Chti cafééé?

Mon bureau est situĂ© dans une grande piĂšce rĂ©servĂ©e aux visiteurs du dĂ©partement. Je suis avec deux Danois qui viennent du DTU, un Suisse de l’EPFL et un Espagnol de Madrid. Ils font une thĂšse ou un projet de master et ils ne parlent pas beaucoup. J’ai aussi un Chinois derriĂšre moi mais Ă  part quand il rote bruyamment, je ne l’entends jamais. Sur mon nouveau bureau, un PC qui n’est pas trop mal et sur lequel je pourrai avoir accĂšs aux diffĂ©rents codes de calcul disponibles ici (Abaqus, Ansys, etc.). Un technicien est venu me le nettoyer (le clavier indien, le Yahoo indien et le dico indien ont Ă©tĂ© dĂ©sinstallĂ©s) et le configurer pour moi. NĂ©anmoins, je ne pense pas que je vais beaucoup l’utiliser; mon laptop est bien mieux et dĂ©jĂ  tout installĂ©. L’accĂšs wifi est correct quoiqu’un peu lent par rapport Ă  celui de l’ULg.

Dehors, c’est la nouba. Ça s’appelle l’Orientation Week. Des tentes sont montĂ©es sur la pelouse centrale et les Ă©tudiants fraĂźchement arrivĂ©s viennent s’inscrire Ă  toutes sortes d’associations. Ça va du club de karatĂ© ou mouvement d’extrĂȘme gauche en passant par la secte des adorateurs de JĂ©sus Christ. Il y a moyen d’avoir des saucisses grillĂ©es et des boĂźtes de coca gratuites mais il ne faut pas avoir peur de la foule. Au milieu de tout ça, une grande scĂšne avec un groupe de rock qui joue sans penser aux gens qui travaillent. Le temps est trĂšs agrĂ©able. Beaucoup de soleil.

💬 Ça va…pfff, je bouffe une chique….

Le mercredi, je rencontre mon prof. qui me prĂ©sente Ă  deux de ses thĂ©sards. J’aurai l’occasion de travailler sur leurs projets au cours de mon sĂ©jour. Ils parlent vite mais j’arrive tout de mĂȘme Ă  comprendre ce qu’ils disent et je donne quelques idĂ©es concernant leurs recherches. Ils semblent apprĂ©cier.

Les jours s’enchaĂźnent et on commence Ă  s’habituer au rythme de la vie active ici, mĂȘme si les deux heures de trajet quotidiennes sont assez pĂ©nibles. On n’a de toutes façons pas trop le choix. Le plus dur c’est quand, une fois rentrĂ© Ă  19:30, il faut encore aller faire les courses au Woolworths. On commence alors Ă  prĂ©parer le souper une bonne heure plus tard… et puis vaisselle… (c’est quand mĂȘme bien un lave-vaisselle, il suffit d’ĂȘtre Ă©loignĂ© du sien pour s’en rendre compte). Il est dĂ©jĂ  22:00 quand on peut enfin commencer Ă  se relaxer et se distraire. Difficile dans ces conditions de se lever le lendemain avant 7:15. J’imagine que la routine va s’installer et toutes les corvĂ©es iront bientĂŽt beaucoup plus vite. On pourra alors profiter vraiment de notre sĂ©jour.