La semaine commence en fanfare! ArrivĂ© Ă l’universitĂ© le mardi matin, je me rends compte que je ne vois pas trĂšs clair, pour ne pas dire complĂštement flou. Mes yeux piquent, coulent et sont rouges. Le problĂšme, c’est que j’ai insistĂ© auprĂšs de mon prof. pour participer Ă des “practical classes” (des exercices dirigĂ©s) et j’ai mĂȘme passĂ© l’aprĂšs-midi de la veille Ă prĂ©parer les exercices pour ĂȘtre capable de rĂ©pondre aux questions des Ă©tudiants… J’avais dĂ©jĂ eu deux “migraines oculaires” le samedi lors du Moomba festival mais il me semblait que ça allait beaucoup mieux. Le samedi, j’avais suspectĂ© le soleil qui Ă©tait particuliĂšrement brillant et aveuglant. Je n’avais pas mis mes lunettes de soleil continuellement et j’aurais certainement dĂ». NĂ©anmoins, cette fois-ci je suspecte un autre responsable: mon GSM! En effet, le trajet vers le bureau a Ă©tĂ© assez long et j’ai passĂ© un bon bout de temps Ă lire mes mails sur le GSM,espĂ©rant ainsi pouvoir me mettre au travail directement en arrivant Ă Monash. Ăvidemment, puisque dĂ©jĂ l’Ă©cran 16 pouces de mon laptop me fatigue la vue, que dire d’un Ă©cran de 3.5 pouces? Et il faut ajouter à ça que le train qui nous mĂšne de South Yarra Ă Huntingdale n’est pas un TGV: on sent trĂšs bien toutes les jonctions entre les rails et il est difficile de garder l’Ă©cran immobile devant les yeux. Bref, chaque matin, je fais subir une vraie sĂ©ance de torture Ă mes yeux. Depuis lors, je n’Ă©coute que de la musique dans le train.

đŹ Reynders me pique les yeux…
A 9:50, aprĂšs quelques “CTRL +” dĂ©sespĂ©rĂ©s sur mon laptop, j’envoie un mail aux autres thĂ©sards pour leur dire que je rentre chez moi et que je ne participerai pas aux TPs avec les Ă©tudiants. Houda dĂ©cide de rentrer avec moi. Une fois chez nous, le temps semble bien long sans lecture. La vaisselle faite et le linge repassĂ©, il ne reste que trĂšs peu de distractions. On dĂ©cide alors d’aller faire les courses pour allĂ©ger l’agenda du week-end prochain. En effet, nous invitons Sue Ă manger le samedi soir et j’aimerais cuisiner quelques trucs (ça, au moins, ça Ă©pargne les yeux). Nous allons donc au Woolworths pour remplir le frigo. Ăa fait passer le temps… On en profite pour acheter un matelas gonflable pour Maman qui arrive dĂ©jĂ dans une dizaine de jours.
Le lendemain, me yeux vont beaucoup mieux et je retourne travailler. En diminuant au maximum la luminosité de mon écran et en agrandissant la taille des polices, mes yeux ne pleurent plus. Finalement, le problÚme disparaßt presque complÚtement en fin de journée.
Le reste de la semaine, j’essaye d’avancer sur le travail du thĂ©sard. Il faut que j’arrive Ă faire fonctionner sa routine dans Abaqus mais il m’a donnĂ© assez peu d’instructions. AprĂšs plusieurs essais, j’arrive Ă lancer un premier calcul… sur mon laptop. En fait, depuis que j’ai le PC fixe tout installĂ© et prĂšs Ă l’emploi, je n’utilise plus que mon PC portable qui est beaucoup plus rapide et beaucoup plus puissant. Le PC fixe fait un bruit de tondeuse quand je le dĂ©marre donc je le laisse se reposer la plupart du temps. Le seul moment oĂč j’en ai rĂ©ellement besoin, c’est lorsque je veux tĂ©lĂ©charger des grosses quantitĂ©s de donnĂ©es (principalement des films qui proviennent de “garfield”, mon PC belge, ou des vidĂ©os YouTube de Starcraft). L’accĂšs au rĂ©seau via le cĂąble du PC fixe est beaucoup plus rapide que le rĂ©seau wifi. Les deux rĂ©seaux Ă©tant largement plus lents que celui qu’on a Ă l’universitĂ© de LiĂšge. Je ne sais pas trop si notre activitĂ© sur internet est surveillĂ©e mais comme Houda a Ă©tĂ© surprise qu’un opĂ©rateur prenne le contrĂŽle de son PC fixe Ă distance lorsqu’elle a voulu installer un logiciel, je me mĂ©fie et j’ai cryptĂ© la plupart des transferts. Le seul problĂšme pourrait venir de l’espace disque qui est assez limitĂ© sur mon laptop. Pour l’instant ça ne pose pas de problĂšme.
DĂšs les premiers jours de la semaine, on commence Ă entendre un bruit abominable: c’est le Grand Prix qui a lieu le dimanche. Les voitures semblent ĂȘtre vraiment tout prĂšs lorsqu’on est Ă l’appart… et en effet, elles sont rĂ©ellement tout tout prĂšs: le circuit est tracĂ© dans Albert Park Ă moins d'1km Ă vol d’oiseau. Quand on Ă©tait passĂ© par lĂ pour se promener sur la plage de St Kilda, je n’avais pas trĂšs bien compris pourquoi la route intĂ©rieure du parc Ă©tait encerclĂ©e d’un grand grillage… c’Ă©tait pour le Grand Prix. Le samedi, ça s’intensifie: ce sont les essais et nous dĂ©cidons de nous Ă©loigner un peu vers le Prahran market histoire d’acheter les derniĂšres choses pour prĂ©parer la soirĂ©e avec Sue (du vin, des olives,etc.) et quelques trucs qui nous manquent pour la semaine. On voit lĂ aussi que le Grand Prix a lieu ce week-end: des Ferrari, Porsche et autres Lamborghini sont garĂ©es un peu partout le long de Chapel Street.
Au marchĂ©, on dĂ©couvre des Ă©talages de fruits bien astiquĂ©s comme au Delhaize. Pas un gramme de terre. Les carottes ont fait leur permanente et sont toutes parallĂšles les unes aux autres. Tout brille… Et les prix sont aussi trĂšs drĂŽles. Comme ils vendent absolument de tout Ă ce marchĂ©, et surtout de l’original et de l’exotique (pour les Australien), il n’a pas Ă©tĂ© trĂšs difficile de trouver…. du roquefort (Ă 100$ le kilo!).Â

đŹ 99.99$ le kilo - on va s’en passer…
Finalement on n’a rien achetĂ© au Prahran market parce qu’en plus, la plupart des vendeurs ne donnent pas de reçu. Donc on ne peut mĂȘme pas espĂ©rer se faire rembourser en Belgique.
De retour Ă la maison, je dĂ©marre le dessert: du moka! Seule difficultĂ©: trouver des petits beurres. Et, ben non, en fait, ils en ont! Ăa s’appelle Arnotts Milk Coffee et seules les dimensions changent par rapport Ă chez nous (mĂȘme longueur mais une largeur moindre - ils sont aussi un peu plus Ă©pais). Pour le goĂ»t c’est presque la mĂȘme chose (c’est-Ă -dire pas trĂšs bon lorsque c’est mangĂ© seul). En fait, le vrai problĂšme est le cafĂ© qui est vraiment mauvais ici Ă moins de l’acheter Ă cĂŽtĂ© du stand de roquefort au Prahran market). Le rĂ©sultat final est tout de mĂȘme rĂ©ussi malgrĂ© une mesure trĂšs approximative des ingrĂ©dients.

đŹ Du moka australien.
Pour le reste du repas, j’ai fait les “classiques”: une tarte Ă l’oignon en entrĂ©e, et des cannellonis ensuite. A 19:00, Sue arrive chez nous. On ouvre la bouteille de mousseux achetĂ©e Ă Chapel Street et on discute de toutes sortes de choses. On parle notamment de nos impressions vis-Ă -vis de l’Australie et des Australiens. Sue n’est pas trĂšs tendre avec ses compatriotes. C’est vrai que pour l’instant on est un peu partagĂ© vis-Ă -vis de l’Australie. Certaines choses sont peut-ĂȘtre trĂšs chouettes, mais d’autres le sont beaucoup moins. Peut-ĂȘtre parce qu’on vit dans un quartier trĂšs snob et donc un peu isolĂ© de la rĂ©alitĂ©. On a par exemple un peu de mal Ă comprendre la place de “la ville la plus agrĂ©able au monde” qui a Ă©tĂ© obtenue par Melbourne rĂ©cemment. Bien sĂ»r c’est une chouette ville mais elle est loin d’ĂȘtre extraordinaire. Si on la compare Ă Barcelone par exemple: pas de plage correcte, pas de promenades agrĂ©ables sur le port, pas de marchĂ© de poissons, pas de cuisine locale, pas de monuments historiques… Et la gĂ©omĂ©trie “en damier” de la ville n’est pas non plus trĂšs agrĂ©able. Enfin, les gens sont plutĂŽt hautains et on a souvent l’impression d’ĂȘtre complĂštement invisibles Ă leurs yeux (je ne compte plus le nombre de fois oĂč j’ai dit bonjour dans le vide). Une explication pour cette premiĂšre place, c’est peut-ĂȘtre que, comme le dit Sue, la plupart des Australiens ne connaissent pas grand chose d’autre que leur propre pays. Et si tous les gens de Melbourne votent pour Melbourne, ça fait dĂ©jĂ prĂšs de 4 millions de votes. Mais, mĂȘme en Australie, il ne faut pas aller trĂšs loin pour trouver mieux (Sydney)… Bon, c’est pas trop grave, on n’est pas ici pour faire du tourisme.
Le dimanche, nous passons la journĂ©e Ă Richmond oĂč Sue nous a indiquĂ© un quartier asiatique oĂč on vend du poisson Ă un prix correct (c’Ă©tait une de nos questions… Ă ce demander parfois si on est rĂ©ellement proche de la mer…). Lors de la promenade, on mange un fish & chips pas trop mauvais prĂ©parĂ© par un Chinois. Et on trouve comme dessert un biscuit “palmier”, comme en il y en a en France…. Et bien moi je dis, les Chinois doivent ĂȘtre pour quelque chose dans cette premiĂšre place de Melbourne!
