Nouvelle journée d’excursion avec Bunyip Tours! … et avec Duncan, notre guide qui nous avait conduit sur la Great Ocean Road, deux jours auparavant. On est bien content de le revoir. Il nous dit que c’est sa dernière excursion aujourd’hui. Il a décidé de changer de job et quitter Melbourne. Je l’avais parié que c’était pas si drôle que ça d’être guide.

Aujourd’hui, c’est aussi le “Good Friday”, c’est-à-dire le Vendredi Saint, juste avant le week-end de Pâques. On ne va pas être seuls sur la route parce qu’en plus il fait très beau (on a choisi le jour en fonction des prévisions météo). La première étape de notre excursion, c’est un parc animalier nommé Moonlit Sanctuary. Il est situé au sud-est de Melbourne, sur la route de Phillip Island, notre destination finale. C’est tout petit, mais c’est assez bien organisé. On peut y voir tous les animaux emblématiques de l’Australie: wallabys, koalas, dingos, wombats, émeus, etc. En payant un supplément, on peut même approcher les koalas et les toucher. Houda et Maman iront caresser les koalas; moi, je me chargerai des photos (je préfère caresser le billet de 10$ que j’économise). Pour les wallabys, ils sont en liberté dans un espace boisé traversé par un chemin. On peut les approcher et leur donner de la nourriture. Ils sont très rigolos et on les essaye de les photographier de tout près sans qu’ils ne partent. J’ai l’impression qu’ils ont été bien nourris parce qu’ils ne viennent pas spontanément vers nous. On n’est certainement pas le premier groupe de touristes de la journée et ils n’ont plus très faim.

💬 “Mais tu vas te laisser te prendre en photo, sale biesse?” (Moonlit Sanctuary).

A midi, après le passage à l’enclos des koalas, on mange ce qu’on a commandé dans le car. J’ai pris un sandwich au thon pas mauvais mais un peu trop light à mon goût. Je complète le repas par un sachet de chiques à 1$.

Retour dans le car. On se dirige maintenant vers Phillip Island. Comme c’est une île et qu’il n’y a qu’un seul petit pont pour traverser l’eau, tout le monde est sur la même route à ce moment et ça bouchonne (beaucoup). On sait déjà qu’il faudra écourter les différentes visites de l’île. Duncan choisit de sacrifier le Koala Conservation Centre où on ne restera que le temps d’aller à la toilette et de traverser le magasin de souvenir de l’entrée du parc. C’est pas trop grave puisqu’on a déjà vu plusieurs fois des koalas, dont le matin-même au Moonlit Sanctuary. Le premier stop sur Phillip Island se fait à une fabrique de chocolat (Phillip Island Chocolate factory). A cet endroit, ils importent du chocolat belge et le moule en koalas et kangourous pour revendre le résultat à prix d’or. Je me demandais pourquoi Duncan n’avait pas plutôt supprimé cette visite du planning puisqu’il n’y a rien à voir de très typique ici, mais j’ai vite compris quand il a sorti les deux grandes tablettes de chocolat que chaque guide reçoit quand il amène des touristes au magasin. Heureusement, il les a partagées avec nous. Houda oublie de lire les étiquettes et tombe sur celui fourré à la menthe (le chocolat est belge mais pas la garniture) et le mange tout de même courageusement. Je ne crois pas qu’ils en font du fourré au Vegemite, c’est dommage. On aurait eu une bonne histoire à raconter comme celle de Mémé et les crottes de chèvre camouflées en truffes.

💬 Du vrai chocolat belge importé! (Phillip Island Chocolate factory).

Le ventre bien rempli de chocolat, on s’arrête ensuite à Churchill Island Heritage Farm. C’est une ferme aménagée pour les touristes. Il y a toutes sortes d’animaux et en particulier des moutons. Le fermier montre tout d’abord le dressage des chiens de troupeau. C’est pas mal fait. Le clebs suit les moutons et les regroupe. Ça a l’air de l’amuser. Il faut plus de deux ans pour dresser un chien parait-il. Et parfois, ils se font mordre par des serpents et hop, le travail est à l’eau… Autre démo: la tonte des moutons. Le fermier est gentil avec le mouton (l’excursion est eco-certified). D’après Duncan, dans la réalité, il y a plein de sang et c’est un peu gore. Ici tout va bien et le mouton n’a l’air que ridicule lorsqu’il est tout nu à la fin de l’opération.

Avant de quitter la ferme, on fait une séance d’apprentissage de fouet. Je m’en prends plein la figure mais grâce aux lunettes de protection, j’ai pu garder mes deux yeux entiers. J’ai tout de même réussi à m’étrangler avec le fouet. Aargl.

Le but ultime de l’excursion c’est la “Penguin Parade”. Des centaines de pingouins sortent de l’eau à la tombée de la nuit et traversent la plage pour retourner dormir dans leur tanières dans les dunes. Il faut arriver sur le site une petite demi-heure avant leur sortie dont l’heure est variable en fonction de la météo. Il nous reste donc une heure pour visiter rapidement le reste. Tout d’abord, le circuit du Grand Prix de motos (on s’arrête rapidement devant sans sortir du car - faut dire qu’il n’y a rien d’extraordinaire à voir). On passe aussi quelques minutes à la plage de surf de Cape Woolamai et, enfin, on arrive à l’extrémité ouest de l’île nommée the Nobbies où on peut tenter de voir des otaries sur les Seal Rocks (un amas de pierres loin au large). En nous dirigeant vers le site de la Penguin Parade, on croise des wallabys sur le bord de la route. Il y en a vraiment beaucoup et ils se dressent sur leurs pattes pour nous regarder. Ça doit être drôle de voir passer des cars de touristes qui clignotent à cause de la lumière des flashs, puis repartent.

💬 Seal Rocks - sans otaries…

Enfin, donc, nous voici à la Penguin Parade. Le ciel se couvre, ce qui signifie que les pingouins sont susceptibles de sortir plus tôt de l’eau. Il faut se dépêcher. Ça signifie aussi qu’il risque fort de nous dracher sur la figure et, ça, c’est pas très drôle. Ce qui est encore moins drôle c’est le nombre ahurissant de personnes présentes sur le site. D’après Duncan, le site est plein, ce qui signifie qu’il y a près de 3000 spectateurs! Ça fait environ 1 pingouin pour 5 personnes… On s’installe difficilement sur les tribunes le long de la plage qui semble toute petite vu le monde. Dès que quelqu’un pense apercevoir un pingouin, il se lève, ce qui provoque un effet boule de neige dans son dos (les autres se lèvent pour voir aussi - ou insultent les premiers - ça crie - ça s’énerve -devant nous, une mère commence à taper sur sa fille). Et, tout d’un coup… ça y est….. il pleut! …et grâce à la pluie, la plupart des gens partent en courant dans tous les sens. On peut alors se mettre debout et voir (mal) quelques groupes de pingouins minuscules qui escaladent les dunes… Bof… vraiment pas fameux donc…. Et dire qu’il y a une excursion où on ne fait que voir les pingouins alors que c’est la seule chose qui pourrait supprimée…

Sur le chemin du retour vers le “visitor centre” c’est aussi agréable que sur la foire de Liège un dimanche après-midi. On n’avance pas, on se marche sur les pieds, on pousse, et quand la personne devant se retourne, on se retourne aussi en fronçant les sourcils sur celui qui suit. Ne parlons même pas des poussettes qui me donnent envie de tuer leurs propriétaires. Arrivés au resto du centre, Duncan nous attend avec son gros bidon de ketchup pour accompagner les fish&chips que nous avons commandés et qui sont servis sans sauce! Le repas n’est pas très bon mais la situation est tellement bizarre (la foule, la pluie, le bruit, sans parler de l’odeur) que j’en garderai finalement un bon souvenir, même si je pense que ce spectacle ne mérite pas sa renommée.

Lorsqu’il est question de rejoindre le car, c’est carrément le déluge. Duncan nous ramène à la maison et décide de nous déposer les premiers tout près de chez nous! Ouf! Quelle journée!