“Winter is coming”… comme ils disent dans la sĂ©rie “Games of Thrones” que je viens de regarder sur mon PC. C’est Tara et Daniel qui m’ont refilĂ© les 20 Ă©pisodes qu’ils avaient tĂ©lĂ©chargĂ©s sur le net en m’assurant que c’Ă©tait une sĂ©rie extraordinaire. Et en effet, c’est extraordinairement violent, cru, et compliquĂ© Ă suivre. Il s’agit d’une histoire de chevaliers qui se battent entre eux pour devenir roi. Il n’y a pas un seul Ă©pisode oĂč une fille ne se dĂ©shabille pas entiĂšrement et oĂč un homme ne se fait pas Ă©triper. Parfois ça change un peu, c’est un homme qui se retrouve Ă poil et une femme se fait alors Ă©triper. Il y a aussi l’Ă©pisode oĂč le bĂ©bĂ© se fait Ă©triper et le vieillard se retrouve Ă poil. Mais c’est pas le meilleur… Bon, j’ai tout de mĂȘme tout regardĂ©, mais je trouve ça quand mĂȘme assez mauvais. J’ai mĂȘme pas honte de dire que je prĂ©fĂšre desperate housewives. Ăa m’a tout de mĂȘme changĂ© des matches de starcraft que je regarde tous les jours pour passer le temps quand il n’y a rien Ă la TV.
Donc voilĂ , l’hiver est lĂ et ça ne rigole pas Ă l’appart qui commence Ă nous montrer des signes de fatigue. Le problĂšme principal, c’est l’humiditĂ©. On est obligĂ© de laisser les fenĂȘtres ouvertes dans la chambre et la salle de bain pour essayer d’Ă©vacuer toute l’eau qui provient d’une part de la douche, quand on se lave, et d’autre part du linge quand il sĂšche. Le design australien du sĂšche linge n’aide pas l’affaire puisque cette stupide machine ne possĂšde mĂȘme pas de tuyau d’Ă©vacuation pour la vapeur. Autrement dit, toute l’eau du linge est relĂąchĂ©e dans lâatmosphĂšre de la piĂšce et vient se condenser sur les fenĂȘtres (voir photo), sur les murs et le plafond. Il y a tellement d’eau que le plafond ruisselle et la peinture s’abĂźme Ă certains endroits en formant des grosses cloches qui ne tarderont pas Ă l’effriter et tomber par terre. Ce problĂšme devrait ĂȘtre rĂ©solu ce jeudi oĂč on devrait nous installer un “fan” sur la fenĂȘtre de la salle de bain qui permettra de laisser les fenĂȘtres ouvertes moins longtemps (mais qui viendra aussi alourdir notre facture d’Ă©lectricitĂ©).

đŹ Mais c’est de la m**** cet appart!
DeuxiĂšme point noir: le four Ă gaz qui me permettait de cuisiner des tas de trucs intĂ©ressants comme des pizzas, des gĂąteaux, des gratins ou des champignons farcis. Il ne marche plus correctement, sauf si un ouvrier est lĂ pour l’inspecter (ça a l’air de lui rendre vie). Il fait un bruit de fou ou alors, il s’Ă©teint, tout simplement, en cours de cuisson. En fait, je pense qu’il s’agit juste de la ventilation qui ne marche plus. Soit l’hĂ©lice tourne et vient frapper sur je ne sais pas trop quoi, soit l’hĂ©lice ne tourne pas et le four s’Ă©teint quand il n’y a plus assez d’oxygĂšne dans le four…
Et pour couronner le tout le chauffe-eau a dĂ©cidĂ© de s’Ă©teindre un jour sans prĂ©venir (un vendredi, juste avant le week-end, Ă©videmment). Nous voilĂ donc sans eau chaude, dans le froid, “comme des misĂ©rables” (je cite Houda)…
J’ai introduit une demande de rĂ©paration pour les deux premiers problĂšmes dĂ©but mai. Il a fallu deux semaines, plusieurs relances par mail et tĂ©lĂ©phone pour que mon mail initial arrive Ă l’agence et soit pris en considĂ©ration (les problĂšmes ne sont toujours pas rĂ©glĂ© fin juin). La demande de rĂ©paration est un mini-dossier qui explique tout dans les dĂ©tails, photos Ă l’appui. Lorsque finalement j’arrive Ă joindre la bonne femme qui gĂšre l’appart, elle me demande si c’est un four Ă©lectrique ou au gaz (mon mail est intitulĂ© “gas oven”)! Je l’aurais bien Ă©tranglĂ©e Ă distance mais je me suis souvenu que je n’Ă©tais malheureusement pas dark vador. Tant pis. J’ai rĂ©pondu poliment, comme il faut toujours le faire avec ce type de personne dĂ©testable qui peut dĂ©penser une Ă©nergie immense pour travailler moins (et finalement ne plus rien faire).
Pour l’eau chaude, c’Ă©tait donc pas gagnĂ©. En insistant, j’ai rĂ©ussi Ă avoir la femme de l’agence qui m’a dit qu’elle allait contacter un plombier. Aucune nouvelle le jour mĂȘme, ni le lendemain matin. On re-sonne donc une nouvelle fois Ă l’agence et je tombe miraculeusement sur un gars bien sympathique qui tĂ©lĂ©phone au plombier. Celui-ci s’Ă©tonne puisqu’il Ă©tait convenu, dit-il, qu’il viendrait Ă midi. Le problĂšme est donc finalement rĂ©glĂ© le samedi Ă midi aprĂšs le passage du plombier; mais ce n’est que le mardi que je reçois une rĂ©ponse de la femme de l’agence Ă un de mes nombreux mails envoyĂ©s entre le vendredi et le samedi midi. Elle me dit en gros “monsieur, j’ai parlĂ© au plombier, il suffit que vous rallumiez le chauffe eau vous mĂȘme”…. Je lui avais bien sur expliquĂ© 3x que le chauffe eau est situĂ© Ă 4m du sol Ă l’extĂ©rieur du bĂątiment. En plus il est dĂ©jĂ rallumĂ© depuis 3 jours…Pfff. Quelle dĂ©pense d’Ă©nergie inutile. J’ai rarement vu une imbĂ©cile pareille (quoique, Ă Monash, …).
Au moins, tout cet Ă©nervement nous aura un peu rĂ©chauffĂ©… et quel bonheur de retrouver notre douche bouillante aprĂšs 2 jours sans eau chaude!
Le vendredi soir de cette fameuse mĂ©saventure, nous Ă©tions invitĂ©s au resto grec par mon prof. Il voulait fĂȘter la fin du semestre et nous permettre de nous rencontrer hors du contexte du travail. Le souper avait lieu Ă Oakleigh, une petite ville entre Clayton et le centre. On s’est bien amusĂ©, surtout que le repas nous Ă©tait offert. Il Ă©tait constituĂ© de beaucoup de petits plats bien sympathiques, un genre de mezzĂ©, mais ça s’appelait pas comme ça.

đŹ Souper de service du 1er juin au Grec.
Quand on est sorti de lĂ , on avait bien mangĂ© et bien bu (merci petit JĂ©sus). La difficultĂ© de la soirĂ©e Ă©tait de parler anglais en ayant plusieurs verres dans le nez. Je me suis rendu compte Ă un moment que j’avais mĂȘme du mal Ă parler français avec Houda. Comme tout le monde Ă©tait dans le mĂȘme Ă©tat, ça ne s’est pas trop remarquĂ©. On a parlĂ© de beaucoup de choses avec mes collĂšgues australiens. Tout d’abord, le coĂ»t de la vie Ă©videmment. C’est le sujet qui revient tout le temps sur le tapis. Tout est incroyablement cher ici et je me demandais comment des doctorants pouvaient vivre correctement ici puisqu’il semblerait qu’ils gagnent plus ou moins la mĂȘme chose qu’en Belgique (c’est-Ă -dire un peu moins de 2000âŹ/mois, c’est-Ă -dire exactement le montant de notre loyer Ă South Yarra avec les charges). Et bien, c’est simple, d’une part ils ne vivent pas Ă South Yarra (ils ont tendance Ă sâagglomĂ©rer entre eux) et d’autre part, ils vivent mal mais ils ne s’en rendent pas compte (ils ne jurent que par l’ALDI du coin par exemple). En tout cas, ils veulent tous (oui tous!) quitter le pays et aller vivre en Europe. En fait, on s’est rendu compte qu’on n’a pas encore trouvĂ© un seul Australien qui ne rĂȘve pas de quitter l’Australie. D’un certain cĂŽtĂ©, on les comprend, les pauvres: Melbourne est une sorte de petit paradis au milieu de nulle part. Quand on en a fait le tour, il n’y a plus grand chose Ă faire sans prendre un avion. C’est un peu comme vivre dans une oasis au milieu du dĂ©sert. On a discutĂ© aussi beaucoup de la nourriture et notamment de leur fascination pour le chocolat (belge) Ă la menthe! Daniel nous a dit aussi que les Allemands Ă©taient fous: ils mangent de la mayonnaise avec leurs frites! Il a Ă©tĂ© un peu gĂȘnĂ© quand on lui a dit qu’en Belgique aussi, on prĂ©fĂ©rait ça. J’ai parlĂ© de mes dĂ©couvertes: les ANZAC biscuits notamment qui sont vraiment trĂšs bons. Tara m’a dit qu’elle m’en ferait une boĂźte, ce qu’elle a fait quelques jours plus tard (voir photo ci dessous).

đŹ Les ANZAC biscuits de Tara devant mon PC fixe.
Une semaine plus tard, nous sommes invitĂ©s chez mon prof et Tara pour le souper. On passe la journĂ©e Ă faire les courses et Ă chercher des fleurs et une bouteille de vin. Les fleurs, on les trouve au Prahran market. Ce sont des roses jaunes pas trĂšs fraĂźches, mal arrangĂ©es et horriblement chĂšres, mais il n’y a que ça de disponible… Houda essaye de rĂ©cupĂ©rer la sauce en rĂ©organisant le bouquet avant de partir. Leur maison est situĂ©e Ă Richmond, pas trop loin de chez nous, mais suffisamment loin pour qu’on prenne le tram pour y aller. Il fait assez froid dehors. Sur place, ils ont invitĂ©s un couple d’amis et ils nous accueillent avec une bouteille de champagne. La soirĂ©e commence bien. On discute de tout et de rien. Les sujets de conversations de la soirĂ©e prĂ©cĂ©dente reviennent sur la table (les prix, la nourriture, les voyages, la thĂšse de Houda… notre mariage aussi). On commence Ă savoir en discuter sans trop de problĂšme. Le repas est trĂšs bon. Ils ont prĂ©parĂ© un menu “français” (boeuf bourguignon “bof bowwginiomm”) et mĂȘme du roquefort avant le dessert. Finalement le deuxiĂšme couple nous ramĂšne Ă la maison un peu aprĂšs minuit. Le lendemain, c’est le “Queen’s birthday” qui est un congĂ© pour beaucoup de gens mais pas pour Monash. On prend tout de mĂȘme l’avant midi de congĂ© pour rĂ©cupĂ©rer.

đŹ On attend le bus dans le froid… “comme des misĂ©rables”.
A force de parler de frites et de mayonnaise chaque fois qu’on rencontre des Australiens, on commence Ă avoir rĂ©ellement envie de frites. On dĂ©cide donc d’aller chercher des moules en ville, comme on avait fait avec Maman, et de faire nos propres frites Ă la poĂȘle! Le rĂ©sultat est assez rĂ©ussi (voir la photo ci-dessous). On dirait presque les frites de Taleyrac! La mayo ici est trĂšs chimique, du moins c’est le cas de celle que j’ai achetĂ©e. C’est trĂšs bon malgrĂ© tout. Les moules sont Ă©normes!

đŹ Moules-frites Ă South Yarra.
Le week end suivant, nous avons programmĂ© une sortie avec Sue. Il s’agit d’un “ghost tour” qu’elle a dĂ©nichĂ© sur le web. On ne sait pas trĂšs bien Ă quoi s’attendre. Une sorte de parcours dâĂ©pouvante dans la ville? MystĂšre… Ăa se passe le dimanche soir Ă 20:30 et ça dure 1:30. Avant d’aller au point de rendez vous pour le tour, on rencontre Sue Ă la gare pour aller manger des dumplings (c’est Ă dire des dim sum - mĂȘme si, parait-il, ce n’est pas exactement la mĂȘme chose) dans un resto de China Town. Sue a apportĂ© la bouteille de vin qu’on lui avait offert le jour ou elle nous avait invitĂ© avec Maman. Ca va nous aider Ă nous tenir chaud pour le reste de la soirĂ©e qui s’annonce longue! Le repas est vraiment trĂšs bon et c’est le ventre bien rempli qu’on se dirige vers Federation Square. Le tour est en fait un parcours Ă pied dans la ville avec un guide qui nous raconte toutes sortes d’histoires (gĂ©nĂ©ralement un peu glauques) en fonction de l’endroit oĂč on se trouve. Il parle vraiment trĂšs vite et on ne comprend pas tout ce qui se dit. En mĂȘme temps, c’est pas trĂšs grave. AprĂšs 1:30, le guide nous annonce qu’on en a encore pour 1h de visite. Ouf! On en aura eu pour notre argent, mĂȘme un peu trop… Le lendemain, on est un peu crevĂ© et la journĂ©e au bureau n’est pas trĂšs productive.

đŹ Ghost tour - ça ce sont des graffitis!
Les jours suivants, Houda dĂ©cide de revenir rĂ©guliĂšrement Ă Monash. On vient de lui donner un magnifique bureau de “visiting academic” pour elle toute seule. Pourquoi cet honneur? Et bien simplement parce qui si personne n’occupe ce bureau, le dĂ©partement d’anglais risque de le perdre. En effet, un autre dĂ©partement lorgne sur ce bureau vide depuis un petit bout de temps et essaye de le rĂ©cupĂ©rer discretos. La piĂšce est trĂšs grande. Il y a un frigo, une table de rĂ©union avec 6 chaises, double vitrage … et un climatisation! Cette clim envoie de l’air glacĂ© dans la piĂšce en continu. C’est dommage parce que Houda avait justement rĂ©cupĂ©rĂ© un petit chauffage Ă©lectrique pour son bureau prĂ©cĂ©dent. Elle est donc maintenant obligĂ©e de chauffer la piĂšce d’un cĂŽtĂ© et celle-ci se refroidit de l’autre. Impossible d’arrĂȘter cette stupide clim qui rend la piĂšce invivable, surtout parce qu’elle souffle son air froid directement vers le bureau (mĂȘme en Ă©tĂ© ça doit ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able). AprĂšs quelques tentatives maladroites de dĂ©viation de l’air avec des feuilles de papier, j’achĂšte du gros scotch d’emballage pour boucher complĂštement l’arrivĂ©e d’air (voir ci-dessous). La piĂšce est maintenant agrĂ©able et peut ĂȘtre facilement chauffĂ©e!

đŹ Je joue Ă “Bob the builder” pour Houda.
CotĂ© sport, je n’ai toujours pas arrĂȘtĂ© de courir. C’est vraiment nĂ©cessaire vu toutes les crasses que j’ingurgite (anzac biscuits, frites mayo, et chips - qu’ils sont bons les chips australiens, c’est atroce!!). J’ai mĂȘme dĂ©cidĂ© d’augmenter la distance puisque je ne cours qu’une seule fois par semaine. Je fais maintenant 3 “tours” le long de la Yarra river, jusqu’au fight club de Flinders street. Ca fait un peu moins de 18km, c’est Ă dire 6x plus que mon premier tour dans le parc il y a 4 mois… et, au total, un peu plus de 200km Ă pied en Australie! Le parcours est trĂšs agrĂ©able le long de l’eau. Je transporte mon GSM qui me permet d’avoir de la musique et je peux ensuite suivre mon parcours sur google latitude grĂące au GPS. Beaucoup de gens courent le dimanche matin. Il va y avoir un semi-marathon dans 3 semaines. Sue y participe mais j’ai dĂ©cidĂ© de ne pas le faire vu le prix (100$ l’inscription, c’est-Ă -dire le prix de mes chaussures!) … ils sont fous ces Australiens.
