Nous voici pile-poil une semaine avant notre retour en Belgique. C’est peut-être un bon moment pour dresser une petite liste de ce qui nous a plu/déplu ici en Australie. On est souvent tenté de comparer la vie qu’on mène ici à celle qu’on connaît bien en Belgique. On pourrait même aussi se demander si vivre ici à long terme serait agréable. Il y a tellement de gens qui rêvent de s’expatrier en Australie… Je vais donc essayer de comparer l’Australie et la Belgique sur différents points (de manière tout à fait subjective) et en évitant les banalités sur les jolis koalas et les délicieux kangourous. Chacun pourra faire alors son propre bilan à la fin du billet en fonction de ses goûts.
L’argent et les prix
C’est sans conteste la chose qui doit étonner le plus un Belge qui débarque en Australie. Les prix sont abominablement élevés. Tellement élevés que ça en devient parfois ridicule. C’est le cas du logement. Un petit exemple: notre loyer, sans les charges, est de 1750$/mois, c’est-à-dire un peu moins de 1500€, à comparer aux 500€ qu’on paye en Belgique pour un endroit bien plus confortable. Bien sûr, le fait que le dollar soit très fort actuellement vis-à-vis de l’euro ne favorise pas l’Australie sur ce point. En effet, il y a deux ans, à l’époque où on est parti à Sydney, ce même loyer nous aurait “seulement” coûté 1200€! Fameuse différence. Mais, tout de même, ça reste très cher. Les salaires ont l’air d’être adaptés en conséquence (voir ici ceux de Monash - on arrive vite à plus de 100.000$/an). C’est donc, au moins, le double voire le triple de chez nous. En dehors de l’université, c’est difficile de savoir ce que gagnent les gens. A Monash, je crois qu’un PhD étudiant reçoit 2500$/mois net via les bourses de doctorat; ce qui est juste un peu plus que ce qu’on peut gagner en Belgique pour le même statut. Comment fait cet étudiant pour vivre avec cette somme “misérable” dans ce pays? Et bien, c’est simple: il fait des petits boulots après journée, il vit chez ses parents ou en groupe avec des colocataires. Il doit aussi faire des choix: aller au cinéma toutes les semaines devient vite un vrai investissement (25$ par personne sans les lunettes 3D). “Acheter un livre (25$) ou manger”, telle est la question. C’est cher la culture.

💬 Ces deux pièces ne valent pas la même chose mais elles vous donnent le même pouvoir d’achat dans leurs pays respectifs :)
Au final, pour beaucoup de produits, il est pas inutile de regarder les prix à l’étranger et de les acheter par internet. Dans de nombreux cas, le prix augmenté du coût du transport reste bien inférieur au coût dans un magasin australien. J’ai été par exemple très étonné d’apprendre que le pain bon marché du Coles (le Delhaize local), annoncé fièrement comme “cuit sur place”, est en fait du pain fabriqué en Irlande (!), importé par bateau, décongelé et.. en effet.. cuit en Australie. Grâce à ce stratagème, Coles vend son pain à 2$ la baguette au lieu des 4$ d’une baguette australienne pure souche. Pour les livres, c’est une catastrophe puisque les librairies ferment les unes après les autres. Elles n’arrivent pas à concurrencer Amazon. Autre truc surprenant pour un Belge: l’université, via ses magasins, essaye de faire un maximum profit sur les étudiants. A Monash, acheter une boîte de coca (2.5$) ou un Mars (3$) coûte un pont alors que ces deux produits coûtent moins d’un dollar en grande surface. Drôle de mentalité. Les conséquences sur notre quotidien sont simples: les Belges moyens que nous sommes ont l’impression de vivre comme des réfugiés provenant d’un pays du tiers monde qui débarquerait en Europe. Quand on s’achète un pain au chocolat (4$), c’est la fête parce qu’on sait bien qu’on en achètera pas tous les jours ni même toutes les semaines. Et même si on se raisonne un peu en se disant que, finalement, on a suffisamment d’argent pour s’acheter tout ce qu’on veut ici en puisant dans nos économies, ça fait quand même mal au ventre de payer si cher pour obtenir si peu. Quand on parle de ça avec les Australiens que nous avons rencontrés, ils disent que, c’est vrai, la vie est chère mais que les salaires sont plus élevés qu’ailleurs… Moi, j’ai tout de même l’impression que leur pouvoir d’achat est largement plus faible que le notre en Europe. Je n’ai vu personne offrir une tournée au café par exemple. Ben oui, logique, à 9$ la bière pression, ça fait un peu cher la tournée, surtout si certains s’amusent à prendre des bières spéciales en bouteille (15$) ou un verre de vin (10$ à 20$ la piquette du coin). Il faut être riche pour être vraiment saoul ici! Et la bière belge? Pas beaucoup plus chère que la bière australienne. D’ailleurs la bière de l’Aldi la plus cheap est de la Stella importée de chez nous! J’ai été surpris d’apprendre qu’il y a seulement deux fois plus d’Australiens en Australie que de Belges en Belgique! On comprends assez vite d’où provient toute cette richesse quand on sait également que toutes ces terres sont de vraies mines d’or. Si le monde entier vivait dans un espace aussi peu peuplé et aussi riche que l’Australie, le problème de surpopulation mondiale directement serait résolu! L’idéal serait donc d’avoir un salaire australien et vivre en Europe… ou peut-être simplement un salaire belge et vivre en Europe? Pour conclure ce premier point de comparaison (parce que je pourrais écrire 10 pages d’exemples sans problème), voici une petite phrase entendue ici lors d’une conversation sur l’argent: “J’ai un ami en Europe, pour son premier travail, on lui offrait 2000€ net par mois! Vous imaginez? Mais comment est-ce possible de vivre avec ça?”. Je trouve que ça illustre bien le décalage entre les deux pays.
L’environnement, la nature et les animaux
L’Australie, ses atouts principaux, ce sont incontestablement les grands espaces, la nature et les animaux,… En effet, c’est vraiment un pays extraordinaire à ce niveau. Les explorateurs en herbe, amateurs de paysages, de randonnées ne peuvent être que comblés. Tout est vraiment très beau. Le pays est gigantesque et vraiment très peu peuplé. Ça sent bon l’eucalyptus à tous les coins de rue et ce sont des magnifiques perroquets qui nous chient sur la tête au lieu des affreux pigeons belges. Question climat, malgré l’hiver plutôt froid (qui pourrait facilement être supporté avec une bonne isolation et un chauffage correct, ce dont nous n’avons pas bénéficié), il fait vraiment très beau par rapport à la Belgique. Les jours de pluie sont peu fréquents et quand il y a du soleil, ça chauffe bien (peut-être même trop vu le trou de la couche d’ozone situé juste au dessus). En tout cas, même en plein hiver, j’ai réussi à bronzer!

💬 J’apprivoise des émeus.
Question nature, voyages et découvertes, nous n’avons pas beaucoup expérimenté tout ça lors de notre séjour ici. Nous avons uniquement été quelques fois en excursion (Great Ocean Road, Phillip Island, Ballarat, Dandenong) et ça nous a chaque fois bien plu (mis à part peut-être la plage à pingouins de Phillip Island). Je crois que pour vraiment visiter l’Australie et profiter de la nature, il faut obligatoirement acheter une voiture - ce que nous n’avons pas fait - et ne pas avoir peur de rouler loooooongtemps. Personnellement, je suis peut-être bizarre, mais ça ne me tentait pas du tout de rouler ici. Ce choix a évidemment eu de lourdes conséquences sur notre vie en termes de mobilité. Les transports publics à Melbourne ne sont pas mauvais au centre ville mais il devient vite indispensable de prendre l’avion pour aller dans une autre ville. Sydney est à 1000 km par exemple. Dès qu’on s’écarte de la ville, c’est vraiment la rase campagne, la brousse ou le désert, au choix. C’est peut-être très beau et très calme mais aussi très vide et très dangereux. L’Australie est connue également pour ses animaux emblématiques (koalas, kangourous et autres wallabys etc.) et pour ses animaux mortels ("les 10 serpents les plus dangereux sur terre sont tous australiens", c’est une phrase que les guides touristiques aiment répéter). Pour les premiers, on a pu en voir en liberté en plein milieu de nulle part lors de nos excursions. C’est vraiment une expérience incroyable. Pour les seconds, on n’en a pas vu un seul (dans un sens, heureusement). Pas une seule araignée mortelle à l’horizon, pas un seul serpent venimeux. Et puisqu’on n’a pas été dans l’eau, on n’a pas pu rencontrer les crocodiles et requins mangeurs d’homme, ainsi que les méduses empoisonnées. Bref, côté nature, il est indéniable que l’Australie marque des points face à la Belgique. Laissons lui au moins ça.
La ville
En ce qui concerne l’agencement de la ville, Melbourne est assez bizarre pour un Européen. Première chose qui frappe c’est qu’il n’y a pas vraiment de “centre ville” comme on en connaît chez nous, comme aime le dire Houda. Je parle ici d’un endroit piétonnier, comme une place du marché par exemple, autour de laquelle le reste de la ville convergerait. Ce qui ressemble le plus à un centre ville à Melbourne, c’est peut-être Federation Square, en face de la gare de Flinders Street. C’est assez agréable comme endroit mais c’est relativement petit et il n’y a pas grand chose vraiment sur place. Le reste du centre, le CBD, a été tracé par un gars maniaque des angles droits. C’est un rectangle parfait de 2km sur 1km qui est littéralement quadrillé par des rues qui se ressemblent toutes. Il y a beaucoup de gratte-ciels dans cette zone, alors que dans les faubourgs de Melbourne, les maison ressemblent plus à ce qu’on voit dans les BDs de Lucky Luke.

💬 Elle n’est pas belle la gare?
La ville est surtout animée le long de la rue Swanston Street et la parallèle Elizabeth Street ainsi que dans les deux perpendiculaires Collins Street et Bourke Street. Sans être trop caricatural, on peut dire que sur les deux premières, on trouve principalement des magasins touristiques et de quoi manger, alors que sur les deux secondes on trouve des magasins (vêtement, luxe, centres commerciaux). Le “centre” est donc assez petit, très “carré” et on y trouve vraiment pas grand chose si on n’a pas faim et qu’on ne veut pas s’acheter des articles de luxe, un kangourou en peluche ou un GSM. Il y a pas de librairie par exemple. Les magasins hi-tech sont tous les mêmes et on en a vite fait le tour. Pas énormément de magasins de vêtements, non plus (Houda confirmera). Ça a été la galère de trouver un bon magasin de chaussures par exemple. Les coins commerciaux agréables proches du centre sont le Victoria Market au nord de la ville et le DFO South Wharf au sud et, dans une moindre mesure, Harbour Town à l’est. Les habitants de Melbourne sont très fiers des lanes. Ce sont des petites rues perpendiculaires à ces grandes artères où on peut trouver des cafés et restos… une vague imitation de la rue St Paul à Liège, pour ne citer que celle qui est la plus proche de chez nous. Les habitants de Melbourne sont fiers de leurs trams. C’est vrai que c’est assez joli et pratique pour un piéton. Petit bémol cependant, vu qu’un tram roule généralement en ligne droite, il n’y a pratiquement aucun rond-points dans la zone couverte par les trams. Les bons vieux feu rouges sont toujours à la page; ce qui provoque des embouteillages abominables et des conducteurs très nerveux et très désagréables. A côté de ça, j’ai été également déçu que l’accès à la mer est vraiment très mal aménagé. C’est vrai qu’après mes 3 mois passés à Barcelone, je suis devenu peut-être très difficile à ce sujet. Ici, à Melbourne, on oublie très facilement qu’on est au bord de la mer. Pas de plage correcte (St Kilda, Brighton Beach ou Port Melbourne font vraiment peine à voir), pas de marchands de poissons ou de restos sympas le long de la mer. Ici, la mer c’est pour les gros bateaux commerciaux et rien d’autre. Pour aller à la plage, il faut vraiment s’éloigner du centre. On en a vu quelques unes en allant vers la Great Ocean Road. Très difficile d’accès sans voiture encore une fois. Les aménagements de la Yarra River, le fleuve de Melbourne, sont par contre très jolis et je dois dire que c’est certainement le coin qui va me manquer le plus. Je vais courir le long de l’eau chaque week-end et c’est vraiment extraordinaire de suivre le chemin aménagé qui mène à la ville.
Côté propreté, c’est impeccable. Pas une seule crasse à terre. La ville est astiquée continuellement. Il faut dire aussi qu’ici la population est encouragée à dénoncer à la police tout acte d’incivisme! Un exemple: une femme que je ne connais pas fait chier son chien dans un parc où je mettrai jamais les pieds? Allez hop, j’appelle la police et elle va avoir de fameux ennuis… Très peu de clochards aussi. A mon avis, il ne doit pas faire bon être pauvre dans ce pays; on est simplement mis de côté avec le reste des ordures…
La population
La population est vraiment très variée ici à Melbourne. A vue de nez, je dirais qu’au moins une personne sur deux est d’origine asiatique. Les Chinois et les Indiens sont fortement représentés. Coté Européens, on entend tout de même parfois parler le français, un peu espagnol aussi mais c’est tout de même très rare. Par contre, il n’y a pas d’Arabes ni d’Africains; ou alors tellement peu qu’ils passent tout à fait inaperçus. Ne parlons même pas des Aborigènes. Ils ont été complètement écartés de la population. Le grand nombre d’étrangers dans la population australienne ont eu plusieurs impacts très intéressants. Tout d’abord au niveau de la langue. On avait un peu peur au départ de l’accent australien à la Crocodile Dundee… Et bien en fait il y a énormément d’accents différents et certaines personnes parlent encore moins bien anglais que nous. Autre avantage, c’est la multitude de restaurants et des commerces chinois. En effet, il est possible de manger très bien et relativement sainement pour vraiment pas trop cher. Je crois que c’est en partie grâce aux sushis et aux dumplings que les Australiens ne sont pas tous obèses parce que cette nourriture est bien moins grasse est même moins chère que les McDo et autres KFC. Enfin, les commerces chinois permettent d’équiper toute la maison à tout petit prix. Pratique. Il y a tout de même quelques défis à relever pour un Européen face à cette mixité: la première fois qu’il entend un asiatique roter gaîment dans son oreille, il a du mal à s’empêcher de vomir. Surtout si ce dernier est enrhumé et met un point d’honneur à ne pas utiliser de mouchoir. Il renifle comme un porc toute les 20 secondes (bon courage si c’est le collègue de bureau: ça peut durer toute la journée). Il y a tout de même moyen de se venger en se mouchant bruyamment (très impoli dans la culture asiatique, paraît-il) ou, plus extrême mais beaucoup plus efficace, simplement leur marcher sur les pieds. En effet, évitant toujours toute confrontation, la réaction de la personne aux orteils écrasés sera de dire “sorry” à son agresseur. Je rassure tout le monde, je ne l’ai jamais fait exprès… sauf la fois où j’ai littéralement “marché” sur un enfant qui courrait vers moi en voulant que je me bouge de son chemin. Là, c’est son père qui s’est excusé.

💬 Heyyy sexy lady! Oppa’s Gangnam style! (air connu).
Autre surprise quotidienne: le mauvais goût vestimentaire généralisé. C’est assez incroyable. Sans même parler des horribles tatouages et des ongles multicolores (une couleur différente écaillée pour chaque demi ongle), ce qui me frappe le plus c’est l’utilisation généralisée des chaussures de sport, les plus flashy possible pour des gens qui ne courent pas. Sur le trajet entre notre appart et la gare, je vois chaque jour des hommes d’affaire en costume trois pièces et en baskets (oranges, vertes, roses). C’est d’un ridicule… L’hiver, les filles adorent de balader en collant de jogging en pleine rue (là aussi, les baskets fluos sont de rigueur). Beaucoup de gens marchent en tongs, voire pieds nus aussi (!), même si, vu l’aspect de leurs pieds, des bottes en caoutchouc seraient plus élégantes. Et le T-shirt est incontournable dès que le thermomètre indique plus de 8°. Autre exemple, à Monash, il n’est pas ridicule d’aller au cours avec un chapeau tricoté koala ou bob l’éponge sur la tête. Bref, c’est très différent de chez nous. J’espère tout de même que cette mode n’arrivera jamais en Belgique.
La nourriture
Quand on a de l’argent, manger ici est un vrai plaisir. Je compare souvent notre expérience ici à celle de Birmingham d’il y a 5ans. Cette comparaison a un sens puisque, bien que les Australiens s’en défendent, ils ressemblent tout de même très fortement aux Britishs sur de nombreux points. Et bien, ce n’est pas le cas en ce qui concerne la nourriture. En Angleterre, on a beau mettre des sous sur la table, il est vraiment très difficile de bien manger. Ici, c’est différent. Il y a moyen de trouver absolument n’importe quel plat, n’importe quel ingrédient imaginable. Ils importent tout! Tout est disponible! Tant que le compte en banque suit, on peut se régaler. Envie d’une petite delirium tremens en plein nuit? Pas de problème, il y en a chez l’épicier du coin. Il faut de l’eau de fleur d’oranger pour la pastilla? No worries! Ils en vendent au marché.

💬 Qui veut des maatjes polonais?
Évidemment, vu les prix, certaines choses ne peuvent pas être mangées aussi fréquemment qu’en Belgique. Pour le pain par exemple, on s’est rabattu sur le pain chimique anglais que j’ai fini par aimer alors qu’en boulangerie, il y a autant de choix que chez nous; mais les prix sont juste 5 fois plus élevés. Petite déception au niveau des produits de la mer. C’est vraiment vide. Il y a bien quelques poissonniers au Prahran Market et au Victoria Market mais c’est aussi cher que si on était à 2000km de la côte. On a acheté plusieurs fois du saumon fumé totalement insipide sauf pour le porte monnaie. Et les moules n’étaient pas toujours fraîches… Je ne comprends pas. Quelques bonnes découvertes au supermarché: la viande en général (un des rares produits à être au même prix que chez nous), les bocaux de sauces indiennes (tikka masala, butter chicken), les biscuits, les chips (une vraie overdose de sel! quel plaisir!), la crème glacée (toujours excellente), le vin (quelle variété!… mais quels prix!). Au final, je ne pense pas qu’on ne mange pas beaucoup de produits australiens. Mais bon qu’importe. L’écologie n’a certainement pas été inventée en Australie (ils sont toujours fans de sacs plastiques par exemple). J’ai l’impression que c’est comme tout le reste. Beaucoup de produits sont importés. Et quand ça vient de Tasmanie ou de Nouvelle Zélande, c’est du considéré comme du local. Côté restos, là aussi, il faut fermer les yeux sur les prix de la carte sinon ça reste lourd sur l’estomac. Le truc est de ne pas trop consommer de boissons. C’est vraiment ça qui fait exploser la facture vu les taxes sur l’alcool (et comme l’eau est gratuite…). Une fois ce détail assimilé, on n’a vraiment jamais été déçu. Que ça soit les restos chinois (dumplings, sushis), les restos grecs (avec maman ou mon prof.), les restos indiens, les tavernes (vive les calamari au poivre), les friteries (fish&chips) ou le dernier resto japonnais pour l’anniv de Houda, c’était très chaque fois excellent. Un truc à importer en Belgique d’urgence, ce sont le système de food court: des zones pour manger dans les centres commerciaux où il y a plein de mini-restos et fast food autour de dizaines de tables. Chacun commande ce qu’il préfère et on mange ensemble au milieu de la salle. Dommage que ça n’existe pratiquement pas en Belgique. Autre bon point pour l’Australie: les toilettes publiques gratuites partout; c’est si pratique, ne serait ce que pour se laver les mains après avoir dévoré maladroitement des nouilles chinoises pleines de sauce avec des baguettes. Donc, conclusion: sur la bouffe: vive l’Australie tant qu’on ne regarde pas les étiquettes. Grâce aux bourses de voyage dont nous avons bénéficié, on a pu vivre un peu de cette manière. Néanmoins et malgré tout, les boulets frites nous aurons beaucoup manqué.
Le logement
C’est peut-être le point le plus noir de notre séjour et pourtant, nous n’avons pas vécu dans le pire quartier de Melbourne. Notre appart est très bien situé. South Yarra est la zone chic de Melbourne. Gros avantage, c’est très calme, très propre, très joli. Gros inconvénient: malgré le loyer qu’on paye, on vit dans un appart type HLM: condensation, humidité, moisissure, vitres simple vitrage, accessoires un peu cheap (TV, four, lave linge, sèche linge très bas de gamme), carpette défraîchie, garde robe rapiécée, robinet qui goutte, pas de chauffage,… Dans l’absolu, c’est pas un mauvais appart… mais vu le prix c’est vraiment fou! Donnant sur le sud, l’appart n’est jamais réchauffé par le soleil (ici c’est le nord qui est envié, tout est inversé!). Donc il fait très froid, même si par rapport à la Belgique, il fait doux dehors (il n’a pas gelé une seule fois sur tout l’hiver!).

💬 Ça tombe bien, j’ai toujours aimé les champignons!
Et comment font les Australiens alors? Et bien ils vivent pas terriblement mieux, à moins qu’ils soient très riches. Et même dans ce cas, on est encore loin du confort belge de monsieur tout-le-monde. J’ai par exemple été surpris de la petitesse de la maison de mon prof. La plupart des étudiants vivent en communauté. Ça peut bien se passer… mais ça peut aussi très mal se passer. Je l’ai bien vu par exemple avec mon collègue suisse qui a dû déménager 3x et n’a jamais vraiment été satisfait de ses colocataires.
La technologie
L’Australie est sans conteste plusieurs années en avance sur la Belgique en terme de technologie. Première chose qui frappe, c’est que tout le monde possède un smartphone. Dans le bus ou dans le train par exemple, tout le monde regarde son petit écran, écrit de mail, ou va sur facebook. Certains jouent à des jeux sur des tablettes. C’est vrai qu’en venant ici, on a été littéralement catapultés dans ce monde futuriste et nous avons donc fait comme tout le monde en prenant du crédit internet sur notre téléphone. Les prix sont vraiment bas par rapport à la Belgique (on paye 26$ pour 5Go de données alors qu’en Belgique, je pense que c’est 15€ pour 0.25Go!). On a donc découvert des tas de loisirs liés aux téléphones récents: GPS en permanence dans la poche, agenda synchronisé sur le web, gestion de la boîte mail en pleine rue en attendant le bus, partage de photos sur facebook, foursquare et instagram, connexion modem pour le PC. C’est très agréable et ça va être difficile d’être réduit à presque rien en Belgique.

💬 Mon joli GSM habillé d’une coque chinoise.
Cette avance technologique se voit aussi pour toutes sortes de choses liées à la vie de tous les jours. Ici par exemple, les compteurs d’électricité et de gaz sont relevés précisément tous les mois (par ondes radio, je pense). On paye donc exactement ce qu’on a consommé le mois précédent. C’est très clair. Le système de payement (myki) des transports en commun est aussi plutôt bien fait malgré ce qu’en pensent la plupart des gens ici. On achète une carte et on la recharge en ligne, ou sur une borne à une gare. Il suffit alors de valider son trajet à chaque fois qu’on prend un moyen de transport et le meilleur prix journalier est débité du compte en fin de journée. En plus, toute l’historique des trajets est accessible en ligne. Pour la banque, la carte de débit est aussi une carte de crédit. Le web banking est très bien fait. Les transferts du compte épargne vers le compte à vue sont instantanés! (et le compte épargne rapporte 4.5% mais ça, ça n’a rien à voir avec la technologie). Les extraits de compte sont disponibles tout le temps en ligne et toutes les opérations sont traçable facilement. Quelle simplicité! L’Australie c’est le pays des geeks. Petit bémol, la couverture GSM ne doit faire que quelques pourcents du territoire. A Dandenong, c’est-à-dire à moins d'1h de Melbourne, on n’avait plus de réseau!
L’université
Monash est une très grande université par rapport aux universités belges. Il y a plusieurs campus par exemple et même, dans le seul campus de Clayton, il est très facile de se perdre. Ici, tout est fait pour que l’étudiant soit dorloté et passe un agréable moment. Il faut dire qu’il paye un beau minerval chaque année qui doit être au moins 10 à 20x supérieur à celui qu’il payerait à l’Université de Liège (selon la faculté et ses options). Les ressources de l’université ne sont donc pas du tout comparables à celles des universités belges. Ici par exemple, il est difficile d’être bloqué pour télécharger un article scientifique trouvé sur le net. Monash est abonnée à toutes les revues imaginables! Et si, par hasard, on demande quelque chose d’exotique qui n’a pas été imaginé par les bibliothécaires, il suffit de placer une request sur l’intranet et l’article, le livre, la thèse en question arrivera à la bibliothèque quelques jours plus tard gratuitement! Le rêve pour un chercheur.

💬 La vie relax de l’univ devant le Menzies building.
Autre caractéristique: le rythme de travail n’a pas l’air d’être vraiment mortel pour les étudiants. On m’a expliqué que c’était parce que la plupart doivent avoir le temps de travailler à côté de leurs études pour gagner de l’argent. Je ne sais pas dans quelle mesure c’est vrai. En tout cas, avant 9:30 et après 16:30, les bâtiments sont quasi vides. Il y a aussi beaucoup de vacances (3 mois de grandes vacances, 1 mois en hiver entre les 2 semestres et encore 1 semaine au milieu de chaque semestre). Petit point noir tout de même, les étudiants sortent de l’univ généralement avec une dette de plus de 30000$ sur les épaules qu’ils devront rembourser dès qu’ils payeront des taxes. Autrement dit, s’ils ont une bourse de PhD, ils ont encore un peu de répits… Bon, je ne vais pas aller plus loin dans cette comparaison puisque, si quelqu’un me dénonce pour propos affectant la réputation de l’université, je risque de sérieux problèmes. Et oui, ici aussi la délation est vivement encouragée. Ça m’a fait un peu froid dans le dos lorsque j’ai suivi la petite introduction sur la sécurité et les principes de la vie étudiante à Monash. Plus sérieusement, l’université de Monash était finalement un très bon choix en ce qui concerne mon travail. J’ai surtout eu la chance de tomber sur un labo où je pouvais me rendre très utile et où j’ai pu bénéficier de collègues intéressants. Néanmoins, je suis tout de même content d’avoir fait mes études à Liège et je crois que les Australiens auraient tout intérêt à venir étudier en Belgique, ne serait ce que pour ne pas commencer leur vie fauchés. Je crois qu’ils le savent puisque, tous les Australiens que nous avons côtoyé, sans exception, veulent quitter l’Australie.
Et voilà donc mon bilan… qui n’est ni totalement blanc, ni totalement noir…
Je vais arrêter là sinon je n’aurai plus rien à raconter en Belgique!
