J’avais envie de parler ici de mon rĂ©gime alimentaire que je m’impose depuis dĂ©jĂ  2 ans. Un rĂ©gime trĂšs “cartĂ©sien” qui m’a permis de perdre prĂšs de 13 kg et me maintenir Ă  un poids idĂ©al, selon moi, pour la course Ă  pied.

Parce que c’est bien de ça qui s’agissait au dĂ©part: j’avais constatĂ© que mes performances sur la piste dĂ©clinaient avec le temps. Étais-je devenu trop vieux? Peut-ĂȘtre que l’age jouait aussi mais en tout cas, j’avais pris rĂ©cemment du poids suite Ă  un sĂ©jour au Maroc oĂč les couscous et patisseries sucrĂ©es s’Ă©taient succĂ©dĂ©es un peu trop vite. On Ă©tait en juillet 2024.

A ce moment-lĂ , je dois dire que je ne faisais pas du tout attention Ă  ce que je mangeais. La course Ă  pied me permettait d’ingurgiter autant de nourriture que je voulais avec un impact assez limitĂ© sur la balance. En gros, Ă  cette Ă©poque, dĂšs que j’avais faim, je mangeais, gĂ©nĂ©ralement du sucrĂ©. Ca pouvait ĂȘtre plusieurs Pick Up!, des Twix, des Mars au milieu de la journĂ©e, entre les repas. A l’Ă©poque, c’Ă©tait frites-mayo et spaghetti-bolo plusieurs fois par semaine et j’avais l’habitude de prendre de la glace (dame blanche) en dessert quasiment Ă  tous les repas. Mais, malgrĂ© tout ça, j’avais constamment faim. Seule la douleur d’un estomac trop tendu (et tout de mĂȘme un peu la raison) m’empĂȘchait de continuer Ă  m’empiffrer.

CĂŽtĂ© “alcool”, j’avais arrĂȘtĂ© d’en boire lors du Dry January 2024. C’Ă©tait d’abord pour faire une pause dans ma consommation faible (“seulement” 1 biĂšre spĂ©ciale par jour, comme apĂ©ro, en rentrant du travail) mais rĂ©guliĂšre que je trouvais problĂ©matique. Subissant Ă  l’Ă©poque des Extrasystoles (arythmie cardiaque) depuis un bon bout de temps, celles-ci avaient immĂ©diatement disparu avec la privation de ma dose quotidienne. J’avais donc dĂ©cidĂ© Ă  ce moment-lĂ  de prolonger le dry January Ă©ternellement, malgrĂ© la perte de plaisir qui en dĂ©coulait.

Revenons donc dĂ©but aoĂ»t 2024: je dĂ©cide de me prendre en main aprĂšs une “sĂ©ance de piste” au blanc gravier oĂč je me retrouve bon dernier du groupe JCPMF pendant un exercice d’intervalles. D’habitude je courais au rythme de Marc, qui est un excellent coureur mais qui a 15 ans de plus que moi… et maintenant j’Ă©tais derriĂšre lui en train de tirer la langue et perdre mon souffle. Ca ne pouvait plus continuer.

J’ai donc voulu perdre du poids et au minimum revenir en dessous de 70kg, une barriĂšre psychologique que j’avais franchie suite Ă  ces vacances. Lors mon dernier rĂ©gime, aprĂšs ma thĂšse, j’Ă©tais arrivĂ© Ă  68kg au plus bas (au dĂ©part de 86kg!) et je me sentais bien. C’Ă©tait donc mon objectif.

Ayant constamment faim, il fallait que je contrĂŽle strictement ce que je mange. En effet, faire un rĂ©gime est mathĂ©matiquement simple: il suffit de moins manger que ce qu’on dĂ©pense. C’est tout bĂȘte… Mais c’est trĂšs difficile Ă  respecter en pratique.

Pour compter les calories “qui entrent” et la calories “qui sortent” je me rappelais de MyFitnessPal que j’avais dĂ©jĂ  utilisĂ©, couplĂ© avec ma montre de sport. Un quota journalier est dĂ©fini par le logiciel. A ce nombre viennent s’ajouter les calories dĂ©pensĂ©es lors d’activitĂ©s physiques mesurĂ©es par la montre. En parallĂšle, Ă  chaque repas, on scanne les Ă©tiques des produits qu’on mange et on pĂšse les quantitĂ©s. C’est contraignant mais c’est prĂ©cis et ça marche.

Au lieu de MyFitnessPal, anglophone et bourrĂ© de pubs, Google me conseillait Yazio, une variante francophone… TrĂšs bien… J’ai donc configurĂ© l’app pour perdre 0.5kg par semaine (c’est le dĂ©faut) et j’ai commencĂ© Ă  compter. La poids a donc commencĂ© Ă  chuter et je me suis retrouvĂ© trĂšs vite Ă  mon objectif de 68kg. Pris par l’euphorie du moment, et surtout par la joie retrouvĂ©e sur la piste lorsque mes performances ont commencĂ© Ă  redevenir ce qu’elles Ă©taient avant ma prise de poids, je me suis alors fixĂ© comme objectif un IMC (indice de masse corporelle) de 20, c’est Ă  dire 62kg dans mon cas. “20”, c’est beau, c’est rond, et ça reste loin de 18 qui est la limite de maigreur. C’est surtout trĂšs en dessous de 25 qui est la limite de surpoids.

💬 Figure: Quelques captures de l’appli Yazio: Ă  gauche une journĂ©e type oĂč j’ai fait du sport pour 1350kcal (aller-retour bureau Ă  vĂ©lo + 16km de course Ă  pied Ă  midi). J’ai mangĂ© 1361kcal. Je suis donc Ă  l’aise pour un Ă©ventuel “quatre heures” et le souper pour lesquels il me reste potentiellement 1822kcal. 💬 Au milieu, ma perte de poids et stabilisation au cours du temps autour de 62kg. 💬 A droite, une vision du mois en cours: les jours “verts” sont des jours oĂč j’ai rĂ©ussi Ă  respecter le quota imposĂ©. Les samedis et les lundis, c’est assez rare que j’y arrive.

J’ai donc continuĂ© la privation jusqu’Ă  atteindre 62kg. C’Ă©tait euphorisant parce que mes statistiques de performances sur la montre s’emballaient en mĂȘme temps. Mon VO2max grimpait (logique puisque c’est un index massique) jusqu’Ă  58… 59… 60! Extraordinaire. Sur la piste, j’ai commencĂ© Ă  me sentir “montĂ© sur des ressorts” lors de la course. Une sensation incroyable que j’ai toujours aujourd’hui et qui me procure un plaisir de course inĂ©galĂ©. Je n’avais jamais ressenti une telle puissance dans mes jambes. Je me suis retrouvĂ© tout d’un coup avec les collĂšgues les plus rapides du groupe et chaque sortie me permettait de battre mes records sur les segments Strava. A cĂŽtĂ© de ça, mes pulsations cardiaques avaient largement diminuĂ©. J’Ă©tais maintenant capable de courir en “zone 2” c’est Ă  dire vers 120-130 bpm alors que je devais marcher pour calmer mon coeur auparavant si je voulais rester dans cette fourchette de valeurs.

Je me suis donc stabilisĂ© Ă  62kg et je maintiens ce poids depuis lors. Ca se fait au prix de sacrifices quotidiens, mais ceux-ci sont compensĂ©s par le plaisir d’ĂȘtre en forme et d’avoir un corps qui ne me gĂȘne plus.

Une grosse source de satisfaction vient aussi des mĂ©decins que je vois: ils sont tous trĂšs positifs. Ma derniĂšre prise de sang est “parfaite”. Mon cholesterol n’est plus “limite”, tout est dans le vert! CotĂ© apparence physique, c’est Ă©galement agrĂ©able de voir ressortir des muscles qui n’avaient jamais Ă©tĂ© apparents. D’aprĂšs la balance qui estime Ă©galement le taux de gras, je suis Ă  10% de masse graisseuse, donc vraiment bien “sec”. Les veines ressortent dĂšs qu’il fait un peu chaud. L’inconvĂ©nient c’est que je grelotte dĂšs que la tempĂ©rature diminue. J’ai aussi du mal Ă  rester assis longtemps: je suis littĂ©ralement assis sur mon coccyx et le rembourrage autour n’est plus lĂ !

En rĂ©sumĂ©, ce que j’ai appris depuis aoĂ»t 2024:

  • Tout d’abord j’ai compris que “faire rĂ©gime” ça n’a pas de fin. Aujourd’hui, je suis toujours sur Yazio et je compte toujours mes calories. Je ne le fais plus aussi rigoureusement que lors de la perte de poids mais j’ai toujours besoin de l’application pour avoir une idĂ©e, mĂȘme approximative, de ce que je peux encore manger sur le reste de la journĂ©e. Sans ça, je mangerais facilement 4000 kcal par jour sans forcer. On se rend vite compte que dans un rĂ©gime, le plus dur est de conserver le poids perdu sur le long terme, et pas perdre des kilos Ă  l’instant t… Pourtant beaucoup de gens n’arrivent pas Ă  se contraindre seulement quelques semaines. C’est donc dĂ©jĂ  mal parti. Je suis conscient que j’y arrive parce que je n’ai aucun autre effort Ă  faire dans la vie…
  • Yazio permet de se rendre compte que certains aliments courants sont extrĂȘmement caloriques… et parfois trĂšs simple Ă  remplacer! Par exemple, je me suis rendu compte que, lorsque je prĂ©parais du poulet auparavant, j’ajoutais plus de calories en matiĂšres grasses que ce que le poulet lui-mĂȘme n’en contient! Autre exemple: remplacer la mayo (800kcal/100g) par de la Vinaigrette Ciboulette (226kcal/100g) permet de diviser par prĂšs de 4 le nombre de calories de la sauce d’accompagnement! C’est moins bon mais pas proportionnellement moins bon.
  • Certains produits que je trouve bons peuvent ĂȘtre mangĂ©s quasiment Ă  volontĂ© vu leur apport calorique minime. C’est le cas de quasiment tous les lĂ©gumes, mis Ă  part les lĂ©gumineuses. CotĂ© “sauces”, la moutarde, la sauce pickles, c’est aussi Ă  volontĂ©. Dans une moindre mesure, c’est aussi le cas pour le ketchup et la sauce barbecue. C’est en tout cas 100x mieux qu’une cuillĂšre de mayo. Je complĂšte avec des Ă©pices, des herbes pour varier les goĂ»ts.
  • Je ne mange donc quasiment plus de pizzas, de frites, de mayo ou autres sauces du genre. J’ajoute un minimum d’huile voire pas du tout si c’est possible. Je ne me permets ces produits-lĂ  qu’exceptionnellement, par exemple au resto.
  • Les pates bolo, c’est non: les rations que je me servais coĂ»tent largement plus de 1000kcal. Mes plats de pates sont faites aujourd’hui avec trĂšs peu de spaghettis (~50g secs) et une quantitĂ© ENORME (par exemple 3/4kg) de lĂ©gumes pour obtenir au final une assiette Ă©norme, bien lourde, mais relativement faible en calories.
  • Je mange donc Ă©normĂ©ment de lĂ©gumes. Je me remplis littĂ©ralement le ventre de lĂ©gumes pour arriver finalement Ă  la sensation de satiĂ©tĂ© d’avant. L’avantage avec les lĂ©gumes, c’est que la douleur d’un estomac rempli de lĂ©gumes dure quelques dizaines de minutes vu la rapiditĂ© de digestion.
  • En dernier recours, je mĂąche des chewing-gums.

J’ai donc perpĂ©tuellement faim, mais cette frustration est finalement fort similaire Ă  celle que j’avais quand je mangeais trop. Manger n’a jamais calmĂ© longtemps ma faim. Par contre, le fait d’ĂȘtre mince et de contrĂŽler mon poids m’apporte aussi une satisfaction sans pareille.

J’ai dĂ©couvert beaucoup de lĂ©gumes que je ne mangeais quasiment pas auparavant: courges, potimarrons, haricots frais, choux de toutes sortes, poireaux, poivrons… En pratique, j’en achĂšte beaucoup et je les cuits Ă  l’eau ou au air-fryer (potimarrons), puis je les stocke dans des boites au frigo. J’aime aussi manger des oignons crus avec tous ces lĂ©gumes (souvent mangĂ©s froids) pour avoir diffĂ©rentes textures en bouche.

Je mange aussi beaucoup d’oeufs. J’ai diminuĂ© significativement la viande rouge. Pour compenser et conserver un apport de protĂ©ines correct, je mange du poulet, du poisson (thon, saumon, rollmops, sardines), du fromage blanc et des lĂ©gumineuses (poix chiches). Si je vois que je n’ai plus besoin de protĂ©ines le soir (>70-80g/jour), je ne mange que des lĂ©gumes. J’ai ajoutĂ© aussi toutes sortes de graines et baies Ă  mon alimentation (chia, goji, courge, tournesol) et des noix, noisettes, amandes, etc. Pour les fĂ©culents, je fais une tournante de semoule, pates, purĂ©e. LĂ  aussi, je m’en passe parfois le soir. Enfin, beaucoup de fruits (3-4 fruits pĂąr jour: pomme, poire, orange, kiwi, banane, raisins, myrtilles, etc.)

Ce que j’aimerais amĂ©liorer, c’est:

  • diminuer le sel et les Ă©pices. J’en mets beaucoup trop. Mais c’est difficile: ça donne du goĂ»t…
  • diminuer/arrĂȘter la charcuterie (chorizo), mĂȘme si j’en mange beaucoup moins qu’avant (une 10aine de tranches par semaine).

VoilĂ  une assiette-type d’un repas du soir:

💬 Figure: Rollmops + semoule + lĂ©gumes (chou blanc, oignon cru, carottes, haricots) avec Ă©pices et sauce ciboulette par dessus. On n’est pas loin d'1 kg de nourriture.